

L’indice d’idiotie
« À 30 ans (2001), il trouvait surprenant et effarant que le progrès technologique ne soit pas inévitable : le mouvement pouvait s’arrêter. Il risquait même de régresser. Voulons-nous dire à nos enfants que nous n’avons rien fait de mieux qu’aller sur la Lune pour ensuite renoncer ? Les Égyptiens ont appris à bâtir des pyramides, mais ensuite, ce savoir s’est perdu. Rome a connu le même sort : elle a construit des aqueducs et d’autres merveilles qui se sont perdues durant les âges obscurs qui ont suivi. Arrivera-t-il la même chose aux États-Unis ?
Si nous sommes capables d’aller sur d’autres planètes, la durée de vie probable de la conscience humaine sera bien plus longue que si nous restons bloqués sur Terre, exposée aux risques d’être heurtée par un astéroïde, au dérèglement climatique, à une guerre nucléaire, à la destruction de la civilisation. »
« Je veux changer la vision de l’humanité sur le fait de devenir une espèce multiplanétaire. »
Ces premières lignes sont extraites de la biographie d’Elon Musk, innovateur fascinant et le plus controversé de la planète. C’est lui qui a fait entrer le monde dans l’ère des voitures électriques, de l’exploration spatiale privée et de l’intelligence artificielle.
« L’indice d’idiotie » (SpaceX, 2002)
Sans doute Asperger (forme particulière de l’autisme, qui se caractérise par des difficultés significatives dans les relations sociales), cet ingénieur de formation envisage d’acheter une fusée d’occasion dès 2002. Mais les négociations n’aboutissent pas.
Il se lance alors dans une réflexion qui découle des principes premiers, en creusant les données physiques élémentaires du projet et en repartant de ses fondements. Cela le conduit à mettre en place un « indice d’idiotie », lui permettant de calculer le surcoût d’un produit fini par rapport au prix de ses matières premières. Si un produit a un indice d’idiotie élevé, on peut fortement réduire son coût en recourant à des techniques de fabrication plus efficaces.
Les fusées pâtissent d’un indice d’idiotie extrêmement élevé. Musk commence à calculer les coûts de la fibre de carbone, du métal, du carburant et d’autres matériaux. En appliquant les méthodes de fabrication en vigueur, le prix du produit fini est au moins 50 fois plus onéreux.
C’est ainsi que Musk décide de créer sa propre société de construction de fusées, SpaceX, à partir de sa réflexion sur un indice d’idiotie basé sur les coûts.
Et dans votre entreprise ?
Quel serait l’indice d’idiotie le plus élevé ?
Est-il lié aux coûts du produit fini ? À sa conception ? À son assemblage ? À sa qualité ? À sa logistique ?
→ Coûte-t-il 50 fois plus cher que ses composants ?
→ Votre produit fait-il trois fois le tour de la planète pour être assemblé en totalité ?
→ À quelle fréquence sont faits les contrôles qualité ? Trop tôt ? Trop tard ?
→ Votre outil logistique est-il vraiment efficient ?
L’indice d’idiotie de Preexi
On peut penser que chaque entreprise, chaque mission utilise un indice d’idiotie.
Pour Preexi, notre indice d’idiotie ne relève pas d’un objectif de coûts, mais d’un objectif de qualité. En tant qu’acteur de la formation, nos principes premiers sont de rendre décryptables, compréhensibles et mémorisables des sujets plus ou moins complexes.
Notre indice d’idiotie correspond à notre faculté de prendre une posture de candide, de débutant, pour comprendre et extraire les composants de ce que nous devons expliquer dans la phase de conception pédagogique.
Plus l’objectif est l’acculturation et la vulgarisation d’un sujet, et plus ce sujet est complexe, plus notre indice d’idiotie sera élevé, même si nous connaissons les principes premiers du sujet. Car il serait inutile de réexpliquer des processus ou des produits si les bases technologiques et le vocabulaire sont inconnus du futur apprenant. Cela serait inapproprié et incompréhensible.
Par exemple, pour expliquer le concept des règles prudentielles de Solvabilité II (Directive Européenne dont l’objectif est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d’assurance et de réassurance aux risques que celles-ci encourent dans leur activité), nous devrons décortiquer les différents piliers de la directive pour pouvoir au minimumles retranscrire sous forme d’analogies ou de mises en situation accessibles à tous.
Source : Elon Musk – Livre de poche – Walter Isaacson (auteur des biographies de Benjamin Franklin, Albert Einstein, Steve Jobs, Léonard de Vinci…)